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Comment tout a commencé
Voici comment nous en sommes arriver là.
Nous habitions Cavalaire, nous travaillions Rachel et moi dans un super marché de Cavalaire, Rachel comme vendeuse au rayon fromage, charcuterie à la coupe, pendant 5 ans, moi après une saison à l'emballage de la viande en barquette et mise en rayon, je fus promu virtuellement chef de rayon à celui même ou travaillait Rachel. Je dis virtuellement, car je ne le savais pas encore, mais on me mit à cet endroit pour nuire à certaines personnes afin de les faire partir de par elle-même. Après un an à cette place, j'attendais toujours le stage qui me permettrait d'avoir le statut chef de rayon tout au moins sur ma fiche de paye avec un salaire en conséquence comme les autres chefs du magasin, après tout j'avais accepté cette place pour cela. Ne voyant rien venir, un jour j'ai menacé le patron de quitter son magasin s'il ne me formait pas comme convenu, en remerciement de 3 ans de travail à fermer ma (bip), je fut simplement viré. Je trouvais donc rapidement un travail car je n'avais aucun droit au chômage, je travaillais alors pour La Poste à la distribution de publicités.
Tout se passa bien pendant 3 ans de nouveau, Rachel avait entre temps accouché et je distribuais les pubs quand elle restait à la maison. J'avais un salaire raisonnable et travaillais à ma guise les jours que je voulais du moment que les prospectus étaient distribués avant la fin de la semaine.
Un jour, la politique changeante, la poste décida de stopper tous ces contrats à durée déterminée aussi lointain fussent-ils, pour les transformer en CDI, mais n'embauchait que quelques personnes, je faisais partit du lot. L'inconvénient pourtant était que les contrats ne seraient plus créés par la poste, les salaires chutèrent de presque 50%, les jours de travail devenant journaliers mais à temps partiel. Je décidais de quitter la boite, fort heureusement avec cette fois des droits au chômage…
Nous déménagions donc à La Croix Valmer , je profitais de m'occuper de Rémi, Rachel ne pouvant plus le faire ayant reprit son emploi toujours au super marcher de Cavalaire..
Certes rester à la maison était de tout repos mais je commençais à m'ennuyer terriblement et posais des candidatures sur Internet pour des postes à responsabilité dans des villages de campagne, afin de quitter le Var.
Je n'eus aucune nouvelle pendant plus d'un an, jusqu'au jour ou une dame me téléphona me demandant si je désirais toujours m'installer en milieu rural dans un village combattant contre sa désertification.
Je ne me souvenais alors pas d'avoir postuler pour tenir une supérette, bar, restaurant plus d'un an plutôt. Elle me dit ne pas avoir convenu à cette place car je n'avais pas d'expérience similaire, mais qu'en revanche, ils étaient à la recherche d'un cantonnier pour le village et que sa femme, s'occuperait des gîtes, de la location, l'entretient, l'accueil des arrivants, et de tenir en alternance l'office de tourisme du village de Roubion dans le 06
Après en avoir fait part à Rachel avec son accord en ayant marre de travailler à champion sans aucun avenir dans cet établissement, nous décidâmes de prendre rendez-vous avec le maire de la commune.
Dans un premier temps nous étions enthousiasmés par le village, par la nature, par sa station de ski, nous étions en plein hiver, le maire nous avait charmés, il y avait une seule condition, créer un établissement, une société ou autre en rapport avec le tourisme, je fis part de mon souhait d'acheter des ânes pour faire de la location d'ânes bâtés pour la randonnée.
Extraordinaire ! S'écriait-il, tout à fait en harmonie avec mes idées…
Nous ne savions encore pas que nous mettions les pieds dans un engrenage visant à dilapider tout notre argent disponible…
Le soir venu nous avions la conviction de repartir sur de bonne base, Rachel et moi n'avions que quelques petites économies d'un montant de 12000€.
Quelques jours plus tard j'achetais 5 ânesses, je louais un camion et déménagions pour un super appartement de 70m2 aux pieds des pistes de la station.
Au mois de mais, je faisais venir les ânesses, ayant obtenu gratuitement grâce à la mairie, une bergerie, du foin pour deux ans, des prairies en pâturage, et un cabanon pour local de réception des clients.
Tenant promesse, en plus de mon travail journalier j'avais créé l'association Loc'Ane Roubion. Nous sommes passé sur presque toutes les chaînes de télévision et à la radio, l'affaire s'annonçait alors très bien. Profitant de cette chance, je pris avec Rachel la Location du snack en haut des pistes de ski et achetais le font de commerce, je rajoutais à la location des ânes, la location de VTT et de Mountain board à moteur. (Une planche genre planche à roulettes avec des gros pneus et un moteur). C'est alors que tout commença à déraper. Pour le premier jour d'ouverture de la station de ski, nous fîmes un chiffre d'affaire de 900€, le lendemain, 600€ le jour suivant, 300€, constatant un problème je menais donc ma petite enquête auprès des clients pour savoir ce qui se passait, jusqu'au jour ou quelqu'un m'avoua presque spontanément, que la femme de l'office de tourisme qui vendait les billets pour les remontées mécaniques, disait à tous les clients de ne surtout pas aller manger au snack en haut des pistes s'ils ne désiraient pas avoir une intoxication alimentaire…
Bien oui, en fait Rachel avait eu la place que cette personne convoitait depuis longtemps, elle cassait du sucre sur notre dos, les touristes témoignèrent d'ailleurs pour nous auprès de la mairie.
Cette Joëlle Picholet c’était son nom, jetait systématiquement depuis le début nos dépliants publicitaires à la poubelle, et répondait aux gens qui appelaient l'office pour avoir les tarifs de location d'ânes ou autre qu'ils avaient fait erreur et que nous n'existions pas. Nous avons donc porté plainte à la gendarmerie contre cette personne. Malheureusement malgré leurs interventions, elle ne prit pas peur pour autant et il n'y eut pas de suite envers elle. Je me suis donc retourner vers le maire de la commune, il me promit alors de remédier au problème me disant qu'elle était à moitié folle qu'il ne lui avait rien fait miroiter, etc.
J'ai du me plaindre auprès de lui par trois fois administrativement jusqu'au jour ou j'ai porté plainte contre la mairie. Ce fut alors notre perte, du jour au lendemain nous n'avions plus de bergerie, plus de pâturage, plus de local celui-ci ayant été vidé en notre absence, et comme par hasard la station décida de ne plus ouvrir en dehors des périodes scolaires de la région, et quand elle était ouverte, de n'ouvrir que le vendredi, samedi et dimanche. J'ai essayé quand même de tenir bon, ha oui j'oubliais de vous dire que le maire était également président du syndicat mixte de la station…
L'été la station ouvrait pour les VTT qui pratiquaient la descente extrême, encore une chance, je pourrais gagner un peu plus d'argent avec les pratiquants de ce sport, j'ouvrais le snack cet été là, mais qu'elle fut ma surprise voyant qu'à midi les remontés mécaniques fermèrent…
Une nouvelle fois je portais plainte contre la mairie pour atteinte à l'exercice commerciale, en fait, il était impossible de venir à pieds jusqu'au snack, car il y avait plus de trois heures de chemins de rando. La mairie utilisa un article de loi qui lui permit de fermer, d'après elle, les gens montant avec les télésièges en été sous le soleil, pendant 20minutes de montée, risquait une insolation…
Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Je ne voulais plus me battre contre cette commune qui ne voulait pas de nous, elle avait pris tout ce que nous avions, car bien sûr une fois mon contrat de travail à durée déterminé fini, elle ne me réembaucha pas, nous vendions alors nos ânesses, matériels, calèches, skates, vélos, etc. Pour récupérer un maximum d'argent afin d'acheter un camping-car et partir de la région.
Evidement des rapaces nous sautèrent dessus pour nous acheter tout ce que nous vendions à perte. J'ai même vendu le fond de commerce du snack à bas prix pour ne rien laisser en cadeau à la mairie.
J'ai trouvé par Internet un camping-car pour 3000€ nous n'avions à disposition plus que 5000€. Je suis allé le chercher en train dans les Pyrénées. Toujours par Internet, j'ai lancé un appel à l'aide. Nous avons eu des réponses extravagantes de gens qui voulaient clairement nous escroquer un peu plus, d'autre nous demander de faire des crédits bancaires pour leur payer des droits au bail et autres. Puis un jour je trouvais une petite annonce de quelqu'un qui cherchait un homme pour débroussailler un terrain et en échange offrait une caravane sur celui-ci en hébergement pour l'été. Voulant à tout prix quitter ce village de Roubion de malheur, j'ai contacté le proprio de ce terrain lui offrant mes services. Je n'ai eu aucune réponse à mon mail, un jour j'en ai eu marre, et je lui ai dit : Encore une annonce pipeau ! ! !
De là, il me répondit que non, mais qu'il avait trouvé quelqu'un, qu'il gardait mes coordonnées sous le coude au cas ou…
Quelques jours plus tard, il me contacta disant que la personne recruté avait quitté les lieux ayant fait un carnage avec les arbres.
Nous primes rendez-vous et nous retrouvions à Fayosc.
En arrivant avec Rachel et Rémi, sur le chemin j'ai eu envie de faire demi-tour et partir, en effet le chemin était très isolé, étroit, tout au fond au milieu d'une forêt se trouvait le terrain jonché d'arbres coupés et couchés sur le sol, presque impraticable. Il y avait une caravane avec un auvent bien âgé.
Je me souviens avoir dit à Rachel que jamais le camping-car pourrait venir jusque là. Nous fîmes la connaissance d'Isaac et de sa compagne, de son papa un sacré personnage. Nous fumes mis à l'aise de suite et pépé nous invita à aller manger un bout au village. J'ai eu de suite confiance en Isaac, ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien. Il était simple, sympathique, joviale, il l'est toujours d’ailleurs…
Bref nous acceptions le travail. Quelques jours plus tard nous arrivions avec le camping-car, dans le chemin avec un sécateur à la main pour couper les branches qui nous barraient le passage, il ne fallait pas caler, car à Nice en venant sur la route nous avions cassé le bloc moteur, le démarreur était tombé sur la chaussée, et oui avec le camping-car aussi je me suis fait avoir…
Nous avons choisi un endroit ou nous installer tout au bout du chemin, et avons entrepris le nettoyage des deux terrains. Un mois plus tard à la fin de l'été, Isaac était tellement ravit du résultat qu'il nous offrit 800€ en payement alors qu'il ne devait y avoir que la location d'un mois du terrain et caravane. Le terrain d'en bas me plaisant bien je fis la proposition à Isaac de construire un cabanon avec deux chambres sans béton, d'y résider dix ans, et au terme du contrat, de quitter les lieux en y laissant le cabanon.
Il accepta, et volà,i depuis 2005 nous y sommes.

